172 trimestres retraite : peut-on vraiment partir plus tôt ?

Avoir validé 172 trimestres de retraite ne suffit pas pour partir avant l’âge légal. La durée d’assurance et l’âge de départ sont deux conditions distinctes, et la seconde ne cède pas devant la première, sauf dans des cas très précis.

Le système français de retraite repose sur un double verrou. Le premier est la durée d’assurance requise, exprimée en trimestres. Le second est l’âge légal de départ, fixé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968 depuis la réforme de 2023.

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Atteindre 172 trimestres cotisés garantit le taux plein de la pension de base, sans décote. Cela ne donne pas le droit de liquider sa retraite tant que l’âge légal n’est pas atteint. Les trimestres excédentaires ne font pas avancer la date de départ.

Année de naissance Âge légal de départ Trimestres requis pour le taux plein
1962 62 ans et 6 mois 169
1963 63 ans 170
1964 63 ans et 6 mois 171
1965 63 ans et 9 mois 172
1966 63 ans et 9 mois 172
1967 63 ans et 9 mois 172
À partir de 1968 64 ans 172

Une personne née en 1965 qui totalise ses 172 trimestres à 60 ans devra attendre 63 ans et 9 mois pour déposer sa demande de retraite, sauf à relever d’un dispositif anticipé.

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Femme en consultation avec un conseiller retraite pour planifier son départ anticipé avec 172 trimestres cotisés

Retraite anticipée pour carrière longue : les bornes d’âge après la réforme

Le seul dispositif qui permet de valoriser une longue durée de cotisation pour partir avant l’âge légal est la retraite anticipée pour carrière longue. Depuis la réforme de 2023 et le décret qui a suivi, quatre bornes d’âge de début d’activité déterminent l’éligibilité :

  • Début d’activité avant 16 ans : départ possible dès 58 ans, sous réserve d’avoir cotisé la durée requise.
  • Début d’activité avant 18 ans : départ possible dès 60 ans.
  • Début d’activité avant 20 ans : départ possible dès 62 ans.
  • Début d’activité avant 21 ans : départ possible dès 63 ans.

Pour chaque borne, il faut avoir validé au moins 5 trimestres avant la fin de l’année civile du 16e, 18e, 20e ou 21e anniversaire. Quatre trimestres suffisent si la personne est née au dernier trimestre de l’année civile.

Le piège fréquent tient à la distinction entre trimestres validés et trimestres cotisés. Les périodes de chômage, maladie ou service militaire comptent comme trimestres validés mais pas toujours comme trimestres cotisés. Or la carrière longue exige un nombre minimal de trimestres réellement cotisés, plus restrictif.

LFSS 2026 et suspension partielle : ce qui change pour les générations 1964-1966

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a introduit une suspension partielle de certains effets de la réforme. Pour les générations 1964 à 1966, un palier se crée : ces assurés peuvent avoir validé 172 trimestres bien avant l’âge légal, sans bénéficier d’un dispositif de départ anticipé supplémentaire.

Concrètement, la suspension ne crée aucune voie de sortie nouvelle. Les seuls motifs de départ avant l’âge légal restent la carrière longue, l’invalidité, le handicap (incapacité permanente d’au moins 50 %) et la pénibilité via le compte professionnel de prévention.

Pour les personnes qui se retrouvent dans ce palier avec tous leurs trimestres en poche et plusieurs mois ou années d’attente, la retraite progressive devient l’option la plus recommandée par les caisses.

Retraite progressive plutôt que congé sans solde : le calcul à faire

De plus en plus de Carsat et le Service des retraites de l’État orientent les assurés vers la retraite progressive lorsque la totalité des trimestres est validée avant l’âge légal. Le principe : passer à temps partiel tout en percevant une fraction de la pension de base et complémentaire.

L’alternative, souvent envisagée dans les forums, est le congé sans solde ou la cessation anticipée d’activité. Cette option dégrade les droits à la retraite complémentaire Agirc-Arrco, puisque aucun point n’est acquis pendant les périodes non travaillées, sans pour autant améliorer la pension de base déjà au taux plein.

Depuis 2024, l’Agirc-Arrco a supprimé le coefficient de solidarité (le malus temporaire de 10 % pendant trois ans) qui pénalisait les salariés partant dès l’obtention de leurs trimestres. Cette suppression change la donne : partir à l’âge légal avec 172 trimestres ne génère plus de malus sur la complémentaire.

En revanche, chaque trimestre non cotisé avant le départ réduit le nombre de points Agirc-Arrco. Un congé sans solde de deux ans peut représenter une perte significative sur la pension complémentaire, qui constitue souvent plus du tiers de la retraite totale d’un salarié du privé.

Les options à comparer avant de décider

  • Retraite progressive : maintien partiel de l’acquisition de points complémentaires, fraction de pension versée immédiatement, contrat de travail conservé.
  • Congé sans solde : aucune cotisation retraite (base et complémentaire), couverture santé à vérifier auprès de l’employeur, retour au poste non garanti selon les conventions.
  • Maintien en activité à temps plein : acquisition maximale de points Agirc-Arrco, mais surcote sur la pension de base pour chaque trimestre cotisé au-delà de l’âge légal et des 172 trimestres.

Ouvrier de 60 ans consultant ses droits à la retraite anticipée sur smartphone après une longue carrière de 172 trimestres

Partir plus tôt avec 172 trimestres : ce que disent les bornes réglementaires

Le nombre 172 n’ouvre aucun droit automatique à un départ anticipé. Il fixe le seuil du taux plein pour les générations concernées. Seule la combinaison âge de début d’activité et durée cotisée permet un départ avant l’âge légal, via le dispositif carrière longue.

Pour les assurés qui n’entrent pas dans ce cadre, la marge de manoeuvre se limite à la retraite progressive ou à la surcote en cas de poursuite d’activité. La suppression du malus Agirc-Arrco depuis 2024 simplifie au moins un paramètre du calcul, mais elle ne compense pas l’impossibilité réglementaire de partir avant la borne d’âge.

Vérifier son relevé de carrière sur le site de l’Assurance retraite reste la première étape concrète. Les erreurs sur les trimestres cotisés, validés ou assimilés sont fréquentes, et chaque trimestre mal classé peut retarder un départ anticipé pour carrière longue ou faire perdre le bénéfice du taux plein à la date prévue.

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