
Comment réagissez-vous face à une personne agressive ?
Face à une personne agressive et colérique qui avance comme un bulldozer, votre réflexe habituel est-il vraiment adapté ?
Nous allons passer en revue ce qui fonctionne, ou pas, lorsqu’on se retrouve confronté à ce type de tempérament.
Vous trouverez ici deux pièges à éviter, ainsi que deux leviers concrets pour mieux gérer les situations d’agressivité.
En affinant votre façon de répondre, il devient possible de désamorcer bien des tentatives d’intimidation.
Gérer une personne agressive
Avant toute chose, penchons-nous sur le profil des personnes agressives et l’intérêt de savoir s’en prémunir.
Voici quelques exemples concrets de situations où l’agressivité peut surgir :
- Un supérieur tendu par des problèmes financiers, dont l’impatience déborde sur ses collaborateurs
- Un client mécontent, déterminé à faire appliquer la garantie à tout prix
- Un voisin excédé par le bruit des enfants et venu l’exprimer sans détour
- Un conjoint qui fait régner la peur au sein du foyer
- Un adolescent en pleine tourmente, dont les mots dépassent parfois la pensée
- Ou même quelqu’un simplement mal luné, prêt à exploser pour un rien
Dans la majorité des cas, il s’agit de personnes au tempérament explosif qui peinent à canaliser leurs émotions, laissant l’agressivité prendre le dessus sur leurs rapports avec les autres.
Comment réagissez-vous face à une personne agressive ?
Voyons ensemble deux réflexes à bannir et deux axes à privilégier face à une personnalité agressive ou en colère.
La plupart du temps, face à une montée d’agressivité, le réflexe intuitif consiste à entrer dans la confrontation. On s’énerve à son tour, on répond coup pour coup.
Ce choix ne fait qu’alimenter le feu et entraîne une escalade dont personne ne sort gagnant.
Pourquoi ?
Parce que vous rentrez dans le jeu de celui qui vous attaque. L’engrenage s’enclenche, l’affrontement s’intensifie, et l’agresseur prend de l’assurance.
Accepter d’entrer sur ce terrain, c’est se risquer sur un champ de bataille où l’autre excelle. Il y a fort à parier que l’agresseur maîtrise mieux ce terrain que vous-même.
Napoléon avait bien compris l’intérêt de ne pas laisser l’adversaire choisir le lieu ni le rythme de la confrontation, c’est valable aussi dans la gestion des conflits du quotidien.
Ignorer ce principe revient souvent à jeter de l’huile sur le feu, au risque de voir la situation dégénérer dangereusement.
Autre réaction fréquente : se murer dans le silence. Se taire, ne plus oser répondre, en pensant désamorcer l’échange.
Face à quelqu’un qui hausse le ton, rester muet n’apaise rien. C’est même l’une des pires postures à adopter.
Pourquoi ?
En ne réagissant pas, vous laissez l’agressif prendre l’avantage. La personne sent qu’elle a le champ libre, qu’elle peut imposer son rythme, ses exigences, et poursuivre sans opposition.
On finit bien souvent par tomber dans l’un ou l’autre de ces deux schémas :
- On répond à l’agression par l’agressivité
- Ou bien on encaisse en silence, et on s’efface
Heureusement, d’autres options existent pour s’affirmer efficacement face à une personne agressive.
La première clé pour traiter avec une personne agressive
Pour désamorcer une attitude agressive, il est primordial de réagir rapidement, sans laisser la situation s’envenimer.
Bien souvent, ces comportements se répètent depuis longtemps. Ceux qui les adoptent ont pris l’habitude d’utiliser la colère pour dominer leur entourage.
Ce type de réaction vise à provoquer la confusion, à rendre l’autre incertain, afin de prendre le dessus sans réel dialogue.
L’agressivité, au fond, s’apparente à un réflexe animal de domination. Les personnes agressives cherchent à déstabiliser leur interlocuteur : voir l’autre perdre ses moyens, bégayer, ou s’effondrer, leur donne le sentiment d’avoir gagné la partie.
La deuxième clé pour faire face aux personnes agressives
Face à un comportement agressif, ne cédez aucun terrain.
Pourquoi ?
L’objectif de l’agressif est souvent d’intimider pour obtenir ce qu’il veut. Il a son scénario en tête, et sait que beaucoup y succombent.
Pour faire vaciller cet équilibre, il faut justement refuser de suivre son scénario. Refuser de rentrer dans son jeu, c’est l’obliger à revoir sa posture.
La tension redescend souvent lorsque l’agresseur réalise qu’il n’obtient pas le résultat attendu.
Pour faire face, trois étapes concrètes s’imposent :
Étape 1 : Demeurez calme en toute circonstance, même si les mots prononcés sont durs ou injustes.
Ne laissez pas une personne agressive vous atteindre. Ignorez les menaces ou les insultes. Ceux qui ont recours à l’agression cherchent souvent à rabaisser, mépriser, ou faire perdre pied à l’autre, s’attaquant à la personne plutôt qu’à ses actes.
Souvent, l’attaque est un moyen de se protéger, une carapace face à leur propre vulnérabilité. Plutôt que de relancer la spirale, cherchez à calmer le jeu, à désamorcer la tension.
Si garder votre sang-froid vous semble difficile, il existe des méthodes pour renforcer sa maîtrise de soi, en particulier dans les situations tendues avec des personnes agressives.
Étape 2 : Demandez à la personne agressive d’expliquer le motif de son comportement
N’entrez pas dans l’échange tant que l’autre n’a pas clarifié les raisons de son attitude et ne montre pas un minimum de respect.
Affirmez votre position : « Je n’accepte pas ce ton. »
Ou encore : « Explique-moi précisément pourquoi tu réagis ainsi… »
Étape 3 : Laissez à la personne agressive le temps de redescendre
Parfois, il suffit de lui accorder un moment de recul, ou de proposer une pause, pour qu’elle retrouve son calme et qu’un dialogue redevienne possible.
L’affirmation de soi reste la posture la plus saine face à l’agressivité : elle permet de se protéger sans devenir à son tour agressif, ni s’effacer.
À force de pratique, il devient plus simple de gérer ces situations avec discernement. Des outils existent pour s’entraîner à garder son calme, et aiguiser cette capacité à ne pas répondre à la colère par la colère.
L’auteur de cet article : Michaël LIZEN – Copyright 2016 Tous droits réservés – Tous droits réservés
Si la prochaine fois que quelqu’un hausse le ton, vous répondez avec assurance et calme, le scénario pourrait bien prendre un tout autre tour. Qui sait, c’est peut-être là que s’amorce le véritable changement.



